Jeux en ligne : Skill Games déclaré interdits
Jeu d’adresse ou jeu de hasard, la question reste à tout jamais posée et aucune réponse ne réunit l’unanimité. Même d’éminentes matières grises ne sont pas parvenues à convaincre le gouvernement de la classification de certains jeux. La preuve, les skill games restent interdits par la législation française.
Depuis le 13 octobre, le Journal Officiel du Sénat confirme sa position sur les Skill Games. Sont considérés comme tels les jeux qui requièrent une certaine adresse et qui peuvent être à la fois assimilés à des jeux de cartes, un casse-tête, un sodoku et même un quiz. Cette décision a été surtout dictée par la loi du 21 mai 1836 qui se rapporte aux loteries. Néanmoins, cette décision est contestée par des chercheurs comme Mathieu Escande de l’Université de Toulouse.
Interdictions à coup de loi
Le gouvernement prétend que la loi du 12 mai 2010 ne peut pas s’appliquer sur les types de jeu cités plus haut et n’arrive pas à définir une qualification précise pour ces jeux. En effet, ces jeux ne sont ni un jeu de pur hasard ni un jeu de pure adresse, mais un mélange des deux.
Les skill games ne doivent pas donc être considérés comme un jeu de hasard dans le sens réel du terme, car ils font appel à une stratégie de jeu qui sollicite l’intelligence et la réflexion. Le hasard n’intervient qu’en partie. Du coup, l’État en profite pour brandir la loi de 1836 relative aux loteries qui ne sont pas autorisées, car elles engendrent des dépenses d’argent pour le joueur, de l’espérance de gain et sont proposées au public.
Qu’en est-il du plaisir de jouer ?
Ses adversaires essaient alors de démonter un par un ces arguments. Pour Mathieu Escande, chercheur en droit, cette loi de 1836 ne peut pas frapper les Skill Games dans la mesure où ses cibles sont surtout des loteries sur la vente mobilière et immobilière. Aussi ces jeux peuvent-ils être considérés comme des marchandises. Quant au concept de jeu de hasard, plusieurs avis émanant de la Cour de Cassation ne sont pas conformes à cette décision gouvernementale. Maintenant pour l’espérance de gains d’un joueur, il ne serait pas un argument valable dans la mesure où il faut plutôt tenir compte du plaisir que ressent le joueur en pratiquant son jeu favori. Enfin, ce serait complètement erroné de mettre ces jeux dans le même sac que les loteries pour la simple et unique raison que jamais les skill games ne seront des loteries. En effet dans une partie de Skill Games les joueurs sont plutôt dynamiques ce qui n’est pas le cas pour les loteries.
Bref, chacun campe sur sa position et en attendant les joueurs et les opérateurs en jeux en ligne dansent sur des charbons ardents, en France.

